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Meriem Zehira Taguelmint, Université de Bejaia

par Sylvie Chiousse - publié le

- Institution :
Université Abderrahmane Mira de Bejaia
Campus Aboudaou
Faculté des sciences économiques, de gestion et commerciales
E-mail : tagmz@yahoo.fr

CV Meriem Zehira Taguelmint

- Recherche en cours :
Analyse des conditions d’émergence des pratiques de veille stratégique - Cas des entreprises agroalimentaires de la wilaya de Bejaia

Les mutations technologiques, l’apparition de nouveaux concurrents, l’évolution rapide des marchés, les exigences des clients, sont autant de facteurs qui poussent les entreprises à se surpasser. Dans un environnement aussi incertain et évolutif, il est difficile d’assurer sa pérennité. Chaque entreprise, cherche à dénicher une source d’avantage concurrentiel, qui lui permettra d’être plus compétitive. Dans le contexte actuel de mondialisation et de diffusion massive des technologies de l’information contribuant à l’émergence d’une économie fondée sur la connaissance, cette compétitivité repose largement sur la capacité à accéder à des informations pertinentes, de les interpréter, pour anticiper sur les événements à venir, et saisir les opportunités qui se présentent. Cet ensemble d’actions est désigné par le terme de veille stratégique, qui a justement pour objectif principal d’assurer et d’améliorer la compétitivité des entreprises.
L’Association Française de Normalisation (AFNOR) définie la veille comme une « activité continue et en grande partie itérative visant à une surveillance active de l’environnement technologique, commercial, etc., pour en anticiper les évolutions » .
Selon Corine COHEN, « la veille stratégique désigne l’effort que fait l’entreprise pour être à l’écoute prospective de l’environnement (non pas en calculant les prévisions statistiques mais en collectant des informations à caractère anticipatif). Il s’agit d’une expression générique englobant diverses formes de veille telles : la veille commerciale, la veille technologique, la veille concurrentielle (…), la veille politique(…), sa finalité est de permettre la saisie des opportunités et la prévention des risques de façon aussi anticipée que possible » . Elle ne se réduit pas seulement à la supervision de l’environnement, mais elle favorise l’anticipation et l’action et surtout l’innovation.
Le terme veille est apparue dans les années 1960 pour la première fois aux Etats Unis sous le nom de « environment scanning ». Ce terme sera utilisé par un grand nombre d’acteurs anglo-saxon (Aguilar 1967 et Ansoff 1974). En France la veille est apparue dans les années 1980. Par la suite le concept « scanning » ou « veille » fut progressivement remplacé par « compétitive intelligence » ou « business intelligence », qui fut à l’origine de l’apparition du terme « intelligence économique » ou « competitive intelligence ».
En Algérie, depuis le début des années 2000, notamment avec l’entrée en vigueur des accords d’association avec l’union européenne (2005), sa détermination à intégrer l’Organisation Mondiale de Commerce (OMC), qui vont accroitre les contraintes concurrentielles des entreprises nationales, les concepts liés à l’information commencent à connaître un intérêt grandissant, notamment avec la tenue de conférences, colloques et séminaires consacrés à la veille stratégique et à l’intelligence économique, animés par les autorités :
Le conseil du gouvernement s’est réuni le 20 décembre 2006 dans le cadre du développement industriel, pour le traitement du dossier portant sur « stratégie et politique de relance et de développement industriel ». Il a examiné deux volets, le premier concerne l’intelligence économique et le développement des industries créatrices de haute valeur ajoutée, et le second est relatif à la place de la ressource humaine en la matière.
Une première école en intelligence économique a été créée en septembre 2007, en partenariat avec EEIE (Ecole Européenne d’Intelligence Economique).
En avril 2007, un colloque international fut organisé par le ministre des PME et de l’artisanat, sous le thème « le Benchmark des pratiques et des expériences en Intelligence Economique au service de la performance et de la compétitivité de l’entreprise- L’intelligence économique vecteur stratégique de la relance et du développement industriel ». Un autre, a eu lieu le juin 2008 portant sur « Gouvernance des institutions et Intelligence économique », organisé par l’université de la formation continue d’Alger et sous l’autorité du président. Il était consacré à la question d’amélioration de la gouvernance grâce à l’intelligence économique ; les acteurs concernés étaient les grandes entreprises, les PME, les collectivités locales et l’administration publique.
Une direction générale de l’intelligence économique, des études et de prospective (DGIEEP) a été créée en 2008, renommée en 2010 la Direction Générale de Veille Stratégique des Etudes Economiques et des Statistiques (DGVSEES) sous la tutelle du ministère de l’industrie, de la petite et moyenne entreprise et de la promotion de l’investissement, qui a même édité, en 2010 un document de formation en intelligence économique. Le document vise à renforcer les capacités des cadres en intelligence économique et veille stratégique, et à améliorer leurs compétences et leurs savoirs, tout en sensibilisant les entreprises aux problèmes de mondialisation et aux moyens d’y faire face.
Ont-elles pour autant pris conscience de la nécessité de faire de la veille stratégique ? Sont-elles prédisposées à développer une cellule de veille stratégique ?
Ceci nécessite l’analyse de l’état d’esprit des responsables des entreprises, et l’analyse des conditions nécessaires à l’émergence des pratiques de veille stratégique. C’est l’objectif de notre travail ; nous effectuerons une enquête de terrain (entretiens avec les chefs d’entreprises), qui sera menée au sein des entreprises agroalimentaires de la wilaya de Bejaia.

Nous avons émis les hypothèses suivantes :
H1 : Les chefs d’entreprises algériennes (agroalimentaires) commencent à prendre conscience de la nécessité de surveiller leur environnement
H2 : Les entreprises algériennes (agroalimentaires) pratiquent la veille, mais d’une façon non formelle.

Plan provisoire
Partie théorique : La veille stratégique : un cadre d’analyse théorique
Chapitre 1 : Généralités sur veille stratégique
Chapitre 2 : La pratique de veille stratégique
Partie pratique : Le contexte de la veille stratégique en Algérie : politique nationale et pratiques des entreprises
Chapitre 3 : politique nationale de la veille stratégique
Chapitre 4 : pratiques des entreprises : enquête de terrain

Etat actuel des recherches
Recherche bibliographiques, lectures
il me reste le cas pratique à faire, il s’agit des entretiens à mener avec quatre chefs d’entreprises disposant déjà d’une cellule de veille stratégique, j’envisage de le faire au cours de ce mois, sinon le mois prochain
Préparation du questionnaire, pour l’enquête de terrain