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Genre : documenter les résistances dans la Méditerranée contemporaine

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

Programme ATED - Atelier thématique d’études doctorales
Baume-lès-Aix, du 25 au 29 septembre 2013

Une activité du Laboratoire d’Excellence (« Les sciences humaines et sociales au cœur de l’interdisciplinarité pour la Méditerranée »/LabexMed), coordonné par la MMSH (Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, USR 3125) Aix-en-Provence, France
sous la responsabilité scientifique de Randi Deguilhem (historienne, Directrice de Recherche, CNRS, TELEMME-MMSH) ; coordination administrative : Nacira Abrous (Programmes de Recherche USR 3125, MMSH) et coordination financière de Brigitte Coche (LAMES-MMSH).
Avec la collaboration des unités de recherche LAMES, TELEMME et IDEMEC ; du groupe de recherche GeFeM ; de l’Ecole Doctorale 355 de l’Université d’Aix-Marseille ; des associations ADRESS (participation financière), Les Femmes et la Ville (Marseille), DEMETER-CORE, EFiGiES Aix-Marseille et MuCEM
- contact : Randi Deguilhem

Programme des journées



- Jour 1 - Mercredi 25 septembre
Arrivée des participants, déjeuner à la Baume
15h30 – Mot d’accueil et ouverture de l’ATED Direction MMSH LabexMed, ED 355, LAMES, TELEMME, IDEMEC 
16h00 – Table Ronde « Genre : documenter les résistances : c’est quoi, comment, pourquoi » 
17h30 – Pause
17h45 – Table ronde (suite)
18h45 – Présentation de l’Association Les Femmes et la Ville (AFV) et préparation de la visite guidée du lendemain
19h30 – Dîner à la Baume
20h30 – Film Femmes de Damas : la société civile, c’est nous, par Randi Deguilhem, séance animée par l’auteure du film

- Jour 2 - Jeudi 26 septembre
9h00 – Séance plénière Noha Khalaf, Résistance des femmes et résistance contre les femmes : un paradoxe
10h00 – Pause
10h30 – Séance plénière (suite)
12h00 – Déjeuner à la Baume
13h30 – Activité sur le terrain : Visite guidée des lieux de résistance féminine à Marseille, encadrée par AFV ; visite du Mémorial de la Marseillaise
19h30 – Dîner à Marseille
20h30 – Retour à la Baume, temps libre

- Jour 3 - Vendredi 27 septembre
10h00 – Visite guidée : Exposition « Au Bazar du Genre », MuCEM, Marseille, visite encadrée par Denis Chevallier et Aude Fanlo
12h00 – Déjeuner au MuCEM
13h30 – Retour à la Baume et Travail personnel par les doctorantes et post-doctorantes de l’ATED pour produire un document relatif au thème de l’École (poster, récit, poème, sketch, etc.)
17h30 – Pause
17h45 – Travail personnel (suite)
19h30 – Dîner à la Baume
20h30 – Conférence performative « De l’espace normatif à l’espace performatif : corps en résistance », par Rachele Borghi

- Jour 4 - Samedi 28 septembre
9h00 – Séance plénière Sana Yazigi, Damas, Creative Memory of the Syrian Revolution (en français)
10h00 – Pause
10h30 – Débat plénier
12h00 – Déjeuner à la Baume
13h30 – Présentation du travail préparé par les doctorantes et post-doctorantes
15h30 – Pause
15h45 – Présentations (suite)
19h30 – Dîner à la Baume
20h30 – Film Fille ou garçon : mon sexe n’est pas mon genre, par Valérie Mitteaux, séance animée par Laurence Hérault

- Jour 5 - Dimanche 29 septembre
9h00 – Table ronde « Genre : documenter les résistances. Croiser les regards : du concept au terrain, du terrain au concept »
10h00 – Pause
10h30 – Table ronde (suite)
12h00 – Déjeuner à la Baume et départs

Thème d’étude
Documenter les résistances, c’est de prime abord les identifier puis les classer, les conserver et les mobiliser à des fins variées. C’est une initiative entreprise autant par des individus que par des groupes appartenant à la société civile ou à l’Etat. L’initiative peut être une démarche ponctuelle ou bien une procédure qui a pour but d’organiser de grandes quantités d’informations rassemblées sur une longue période.
Dans le même temps, documenter les résistances est une dynamique de questionnement intellectuel qui s’inscrit au plus profond des rapports et des enjeux de pouvoir sociétal. Par son activité de cerner des usages et des règles auxquels résistent des individus dans la société, que ce soit en temps de crise ou dans une période plus paisible, l’acte lui-même de documenter les résistances remet en question des normes de société. A l’échelle de l’individu, c’est une démarche qui accompagne des quêtes identificatoires vis-à-vis de la société ainsi que des mouvements liés à l’individuation de la personne ou à la subjectivation de soi (nombreux sont des chercheurs qui ont réfléchi sur cette question, à titre d’exemple : A. Touraine, F. Khosrokhovar, M. Foucault, G. Deleuze, B. Lahire, M. Wieviorka).
Au prisme du genre, l’acte de documenter les résistances prend une tournure plus particulièrement saillante dans la Méditerranée actuelle où des associations ainsi que des personnes, à titre individuel, documentent des résistances menées en temps de crise que cette dernière soit une crise économique (Grèce, Portugal, etc.) ou une crise politique de guerre et de révolution (Libye, Tunisie, Egypte, Syrie, Turquie, etc., mais aussi les pays méditerranéens lors des Guerres mondiales).
Afin d’encadrer ces idées, il s’agit ici de les penser à travers le prisme de la temporalité, pour paraphraser les mots de Wendy Brown, « thinking in time » (in The Question of Gender, 2011), à savoir entreprendre une démarche de réflexion qui lie des questions de genre, éthique et politique aux époques spécifiques, en rendant toutefois compte des éléments antérieurs à l’époque étudiée. Autrement dit, documenter les résistances au prisme du genre dans la Méditerranée actuelle se comprend, dans cette Ecole, dans le contexte du « temps », d’une époque précise dans laquelle se déclinent des spécificités d’actions performatives (J. Butler) à l’égard du genre, des résistances à ces actions et les différentes procédures permettant la documentation de ces résistances.
En ce sens, cette Ecole doctorale fournit le cadre pour réfléchir sur les espaces dans la société où l’on documente des résistances par rapport aux normes accordées à la personne telle qu’elle est définie selon les catégorisations du sexe de l’individu et les comportements supposés conformes à celui-ci. Documenter les résistances qui émergent au regard de ces catégorisations et les attentes de société s’y rapportant induit des interrogations sur l’« agentivité » des individus qui s’engagent dans ce processus afin de sauvegarder les traces des actions individuelles et collectives.