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LAMBLIN Célia

Coordonnées
Courriel : Celia.lamblin@ird.fr

Fonctions
Doctorante contractuelle LabexMed (2013-2016),
membre du programme EcoMig (Economic, Crises, Migration and developement in Egypt) coordonné par Sophie Bava (IRD_LPED), Aix-Marseille Université.

Sujet de thèse
Les migrations égyptiennes en France : vers la construction d’une identité collective ?
sous la direction de Sylvie Bredeloup (IRD-LPED) et Sylvie Mazzella (LAMES-CNRS)

Domaines de recherche
- Sociologie des migrations
- Sociologie Politique

Activités scientifiques
Communications
- Juillet 2015 : « Migrations égyptiennes : Discours, pratiques et représentations » Université Euro-Méditerranéenne organisée par l’Université Libre de Bruxelles, Mucem, Marseille.
- Juin 2015 : « Les migrations égyptiennes : étude des registres de visibilité en France », Journée doctorales du Lames, MMSH.
- Juin 2015 : « Les Égyptiens en France : une participation politique transnationale ? » LabexWeek, MMSH.
- Mai 2015 : « La participation citoyenne des Égyptiens en France », Colloque international organisé par l’Association Européenne de Sociologie, Citoyenneté et Migration en Europe du Sud.
- Avril 2015 : avec Joseph Cacciari « L’approche biographique : la confrontation de perspectives concurrente à l’épreuve des pratiques de terrain », Séminaire doctorale Les Chantiers de la Thèse, Lames, MMSH.
- Mars 2015 : « La relation chercheuse-enquêté en terrain « extraordinaire » : une relation hybride entre le professionnel et le confidentiel », Atelier des doctorants du LPED « J’ai fait du terrain et après ? », AMU St Charles.
- Décembre 2014 : « Les migrations « économiques », les migrations « politiques » : la porosité des catégories à l’épreuve du processus révolutionnaire en Egypte ». Colloque international organisé par le programme Economic Crises and Migration, EcoMig, « Mobilité et blocages en Afrique méditerranéenne », Rabat, Maroc.
- Octobre 2014 : « L’événement Révolution comme point de bifurcation dans les trajectoires individuelles des migrants égyptiens en France » Colloque international organisé par le programme de recherche fondé par l’European Reserch Council, When Autoritarisme Fails in the Arab World, WAFAW, « Diasporas, Migrants, Exilés : quels rôles dans les Révolutions et transitions politiques du monde arabe », Tunis, Tunisie.

Responsabilités scientifiques :
- Co-animation du Séminaire doctoral « Chantiers de Thèse » du LAMES année 2014-2015.
- Représentante des doctorants au sein du LPED et du LAMES, membre du conseil d’unité du LAMES (avril 2015 - avril 2017) et du LPED (septembre 2014-septembre 2017).

Formations
- Stage : Participation à l’Atelier Thématique d’Etude Doctorale : « Repenser la Méditerranée », Mucem, Marseille, Septembre 2015.
- Stage : Participation à l’Atelier Thématique d’Etude Doctorale « Le numérique en Méditerranée ». Tunis, Juin 2015.
- Stage : Participation à l’école d’été de doctorants « Les Sciences sociales au Proche-Orient à l’épreuve de leur sources », Juillet 2014, IFPO Beyrouth, Liban.
- Stage : Participation à la session intensive de langue du Département d’Enseignement d’Arabe Contemporain (DEAC), Février- Juin 2014, Institut Français d’Égypte, Le Caire, Égypte.

- Rapport de Mission : « Les migrant-e-s égyptien-ne-s dans les villes de Toulouse, Bordeaux et Paris : une enquête exploratoire du « faire communauté » », Programme EcoMig, Mars 2013.

- Communication « L’activité associative des héritier-e-s de harkis : vers la construction de la mémoire postcoloniale » dans le Séminaire « Violences politiques et Mémoires de Guerre », LISST CAS de l’Université Toulouse le Mirail, Avril 2013.

- Mémoire : La construction sociale de la mémoire postcoloniale : le cas des héritier-e-s de harkis dans la lutte pour l’émergence d’une mémoire postalgérienne en France, sous la direction de Michel Grossetti et Sonia-Hasnia Missaoui, Université Toulouse le Mirail, Juin 2012 (mention Très Bien).
- Mémoire : Les héritier-e-s de harkis de Saint Pons de Thomières : De la mémoire familiale à l’histoire collective, sous la direction de Patricia Vannier, Université Toulouse Le Mirail, Juin 2011 (Mention Très Bien).

Résumé du projet de thèse
L’idée selon laquelle les « Printemps arabes » transformeraient radicalement les schémas de migration autour de la Méditerranée semble plutôt incertaine même si l’on peut s’interroger sur la manière dont des « événements » vont influencer les parcours sociaux des individus. On peut supposer que les processus qui ont favorisé les révolutions sont aussi ceux qui conduisent à l’émigration. D’ailleurs, bien avant l’amorce du « processus révolutionnaire », l’émigration égyptienne était déjà un phénomène constant depuis 1971, année de sa légalisation. De nos jours, les flux migratoires d’Egypte vers l’Europe correspondent à un phénomène durable aussi invisible qu’inégalement réparti dans les pays européens et ce depuis les années 1980.
L’entrée en vigueur en septembre 2004 du premier accord « Euro-Méditerranée d’association » entre l’Union européenne et l’Egypte marque un premier pas vers la gestion des flux migratoires entre ces deux espaces. En 2006, d’après les estimations croisées du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère de la Main d’œuvre et de l’émigration égyptien, environ 4 millions d’Egyptiens, soit près de 5% de la population totale, vivaient en dehors de leur pays. Parmi eux, 510 828, soit plus de 10% des émigrés égyptiens, résidaient en Europe, 70 000 d’entre eux étaient installés en France (CAPMAS, 2008). Les flux migratoires égyptiens vers les pays européens semblent cependant se réactiver et s’intensifier depuis les années 1990 du fait de la diminution des flux vers les pays du Golfe (Guerre du Golfe, concurrence de la main d’œuvre asiatique) et de la proximité géographique des pays du Sud de l’Europe (CARIM, 2010). La création en Egypte d’institutions ministérielles dédiées aux questions migratoires dans les années 1970 et la volonté, depuis le début des années 2000, de l’Union Européenne d’harmoniser sa politique migratoire autour de trois axes : l’intégration des populations migrantes, la protection des demandeurs d’asile et la lutte contre l’immigration illégale amène les institutions à mettre en place, de part et d’autre de la Méditerranée, des dispositifs assurant une co-gestion des flux migratoires entre les deux espaces. Dans ce projet de recherche, une attention particulière sera portée aux politiques migratoires mises en place par ces derniers dans le cadre de la construction de collaborations bilatérales. Plus précisément, il s’agira de saisir comment les mobilités égyptiennes ont été soumises à des cadres politiques (légalisation de l’émigration en 1971 en Egypte, création de l’espace Schengen et mise en place d’une politique d’« l’immigration choisie »), à des cadres économiques (sous emploi de masse des diplômés et informalisation de l’emploi en Egypte, diminution des visas de travail et ethnicisation du marché du travail en France), et à des cadres sociétaux (représentations, imaginaires et normes sociales) et comment ces différentes dynamiques ont alimenté des recompositions identitaires chez les migrants égyptiens au cours des dernières décennies.
Plus généralement, les mouvements de population produisent ou perpétuent des pratiques culturelles diversifiées et des identités différenciées qu’il conviendra de mettre en lumière dans le cas des migrations égyptiennes. En effet, les diverses vagues migratoires (travailleurs hautement qualifiés, travailleurs peu qualifiés en situation irrégulière et étudiants francophones) correspondent à des dynamiques mettant en jeu différents facteurs au sein des deux pays. Le projet de thèse envisagé vise donc à comprendre en quoi les mobilités spatiales et les événements socio-politiques survenus en Egypte participent aux renégociations des processus d’identification individuels et collectifs des migrants égyptiens en France.
Pour cela, il s’agira d’identifier les espaces de socialisation fédérateurs qui peuvent faire sens pour les migrants et qui donnent lieu à des relations qui participent des recompositions identitaires . Le rôle de l’expérience migratoire dans le marquage des différences sociales, en lien avec les relations entretenues avec les autres populations migrantes en France, ainsi que les parcours différenciés entre migrants égyptiens (étudiants/travailleurs), sera également questionné sous le prisme du genre et de la question générationnelle. En France, les associations d’Egyptiens, inexistantes avant les mouvements de solidarité avec la "mobilisation multisectorielle" du début de l’année 2011, deviendront un des cadres de socialisation où se rencontrent des migrants originaires des villes et des campagnes permettant une certaine mixité sociale. La question des imaginaires de la migration fera également l’objet d’une attention particulière puisque si les politiques étatiques influencent les diverses formes de circulation, les mobilités vont générer de nouveaux « référents subjectifs » qui débordent les cadres nationaux et permettent le développement de « groupes déterritorialisés ».