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Ivano Scotti - "La gouvernance urbaine et la gestion des déchets. Premiers résultats d’une comparaison entre Marseille et Naples"

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

Séminaire Axe 1 "Espaces, territoires & environnement"
Vendredi 21 février 2014, 14-16h, salle 101
Ivano Scotti - visiting researcher, université de Naples
"La gouvernance urbaine et la gestion des déchets. Premiers résultats d’une comparaison entre Marseille et Naples"
Discutant : Cesare Mattina (LAMES)

Dans les deux dernières décennies, le problème des déchets est apparu avec force dans la policy agenda des villes européennes et les collectivités locales sont devenues le lieu principal de l’implémentation des politiques basées sur les principes du « développement durable ». Plus précisément, en conformité avec les directives de l’UE, ces politiques visent à créer un « cycle intégré des déchets » (prévenir la production de déchets, recyclage, valorisation énergétique, améliorer la gestion des déchets ultimes). Cependant, l’action des gouvernements locaux a souvent rencontré de nombreux problèmes de mise en œuvre, et parfois de forts conflits environnementaux qui ont confirmé cette impasse à la validation de l’action publique.
Il semble donc bien évident que les politiques environnementales sur les déchets sont le résultat d’une dynamique sociale très complexe, qui implique des jeux d’acteurs aux intérêts contradictoires, différentes options techniques et dotations des espaces naturels, etc. Cela nécessite donc une action réflexive sur les incertitudes et les risques qui caractérisent ces choix relatifs aux déchets par le gouvernement urbain. Pour cette raison, il semble utile d’adopter un mode de recherche qui va considérer la gouvernance comme le résultat de l’association ou « coalition », temporaires d’entités hétérogènes (acteurs sociaux, technologiques, nature, actes juridiques, etc.), parce que, en ce cadre théorique, les résultats des politiques sont considérés comme déterminés par la dynamique de la formation et la stabilisation des assemblages socio-techniques spécifiques (références théoriques principales : Latour et De Landa).
Après ce constat théorique, nous aimerions présenter les premiers résultats d’une recherche comparative sur la gestion des déchets ménagers et similaires, adoptés à Marseille et à Naples avec l’objectif principal de reconstruction des mises en place d’actions publiques pour une gestion durable des déchets. Ces deux villes, en effet, ont cherché à réorganiser la gestion des déchets afin de répondre aux nouveaux défis environnementaux. Cependant, en dépit de certaines similitudes, Marseille et Naples ont répondu différemment au problème de l’organisation du recyclage et des conflits environnementaux contre les décharges et les incinérateurs. Alors que Naples a une « crise des déchets » toujours active, Marseille semble avoir organisé un cycle des déchets qui « marche » malgré les contestations sur la gestion de la décision politique sur la mise en place de quelques usines de traitement des déchets (par exemple : le centre multi-filières de Fos-sur-Mer).
L’explication de ces différences semble se situer dans la modalité de détermination des assemblages spécifiques et pour étudier ces configurations, nous avons utilisé une méthodologie qualitative de recherche. Après la collection préliminaire des données statistiques, la documentation concernant la législation sur les déchets et la consultation de la presse locale, nous avons privilégié l’outil de l’entretien semi-directif auprès des acteurs locaux de ces processus sociaux de définition de la gouvernance urbaine des déchets (groupes écologistes, les politiciens locaux, les techniciens et les entreprises, etc.). Les entretiens sont traités par un logiciel informatique open-source pour l’analyse qualitative des données, « RQDA 0.2.3 » (R-based Qualitative Data Analysis).