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Symposium 8 - Audio mobilité

par Sylvie Chiousse - publié le

Le symposium AUDIO MOBILITÉ est organisé par Locus Sonus (École Supérieure d’Art d’Aix en Provence, École Nationale Supérieure d’Art de Bourges) et par le LAMES MMSH (Laboratoire Méditerranéen de Sociologie),
en partenariat avec Seconde Nature et la Fondation Vasarely (Aix en Provence), dans le contexte de l’accord-cadre CNRS/Min de la Culture.

Programme

Audio Mobilité
Le fait que les ordinateurs soient devenus réellement portables et suffisamment bon marché pour être dédiés à une tâche spécifique tout en étant assez puissants pour accomplir des calculs complexes en temps réel, est un phénomène très récent. Si un système capable de générer et de capter de l’audio peut partager la mobilité des utilisateurs, le statut de l’audio produit est-il modifié ? Peut-il y avoir une ou des formes nouvelles d’art audio qui découleraient de cette mobilité ?
Nous proposons de considérer les technologies audio-mobiles de deux points de vue qui peuvent être illustrés par les notions de cartographie et de sondage. Dans le cas des cartes, nous nous projetons dans le cadre d’une représentation (schématique et abstraite). Dans le cas du sondage, nous activons l’environnement autour de nous et nous récoltons ce faisant des informations sur cet espace. Une façon plus traditionnelle de considérer ces deux approches de la mobilité audio pourrait être de comparer la manière dont nous percevons les phénomènes sonores que nous rencontrons : d’une part, notre disposition d’écoute lorsque nous traversons un paysage et un environnement sonore (sons d’insectes, d’eau courante ou d’un bar bruyant et le bruit de la circulation), et, d’autre part, le fait d’entendre le son continuellement varié de nos propres pas rencontrant différentes surfaces (gravier, feuilles ou un plancher poli) et activant différents espaces résonants ou surfaces réfléchissantes (une salle vide, une salle couverte de moquette, une forêt ou une falaise).
En réalité, la ligne que nous pouvons tracer entre ces deux modèles n’est pas aussi évidente. Le radar, par exemple, est une technologie de sondage utilisée pour réaliser des projections ou des cartes et, autre exemple, nous pouvons “pinger” le réseau à partir de notre ordinateur portable pour savoir si nous sommes présents (en tant qu’adresse ip connectée à ce réseau). Cependant nous considérons ces deux pôles, cartographie et sondage, comme significatifs lorsque nous nous posons la question d’un art de la mobilité audio.
Nous pouvons considérer aujourd’hui que nos appareils portables participent à nous isoler de manière néfaste de l’environnement sonore autour de nous (coupure), ou au contraire, qu’ils permettent la réappropriation d’un espace sonore urbain devenu saturé et l’augmentation de notre espace personnel d’écoute (couture). Notre hypothèse est que, en intégrant les informations émanant de l’environnement lui-même, soit par le biais de la captation soit grâce à la géolocalisation, les aspects négatifs de l’écoute mobile pourraient être réduits et les aspects positifs augmentés.