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Séminaire de réflexion : Le projet migratoire : intentionnalité et expériences des acteurs

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

Séminaire organisé par Florence Boyer (IRD) & William Berthomière (CNRS)
Dates : 9 et 10 juillet 2012
Lieu : UMR 201 « Développement et Sociétés » (Université de Paris I _ Panthéon Sorbonne – IRD)
Campus du Jardin d’agronomie tropicale de Paris
45bis Avenue de la Belle Gabrielle
94736 Nogent-sur-Marne
Accès : RER A - Station Nogent-sur-Marne

De plus en plus présente dans la littérature sur les migrations internationales depuis le début des années 2000, la notion de projet migratoire n’a pourtant pas fait l’objet d’une théorisation systématique, au point que le caractère opérationnel de la notion interroge.
Un premier atelier de travail autour de cette notion a été organisé en 2011 à Agadir, avec comme fil conducteur, la manière dont le projet migratoire a été envisagé jusque là, autant en termes de définitions que d’approches ainsi que les conditions de son émergence dans la littérature scientifique. Différents axes de réflexion qu’il conviendrait de poursuivre, ont émergé au cours de ces deux journées :
- Le projet migratoire interroge l’espace-temps, ouvrant une réflexion plus large sur la spatialisation du temps, ainsi que sur la continuité temporelle versus continuité spatiale. Les notions de bifurcation, d’événement ou de rupture ouvrent un champ de réflexion permettant de penser le temps dans une logique non-linéaire ; qu’en est-il alors de la dimension spatiale, d’une possible spatialisation de ce temps non-linéaire ?
- Le projet migratoire pose la question de l’intentionnalité de l’individu ; si celle-ci se construit en fonction des expériences acquises (d’un savoir-faire), elle dépend aussi du pouvoir-faire de cet individu, de sa capacité à accomplir son autonomie. Cette dimension de l’intentionnalité est liée à la distinction entre ce qui est de l’ordre du possible et du probable, sachant qu’entre le savoir et le pouvoir se glisse le rêve, l’imagination, une fantasmagorie du futur. Quelles sont les relations entre ces trois niveaux, les expériences accumulées, le pouvoir (au sens de capacité) et l’onirique, niveaux auxquels il faudrait ajouter les interactions ? Permettent-elles une approche du projet migratoire ?
- La migration place l’individu dans une situation d’incertitude plus ou moins temporaire. Comment l’individu œuvre-t-il dans ce contexte d’incertain ? Le projet migratoire constitue-t-il l’une des réponses possibles, en introduisant la dimension du possible et/ou du probable dans ce contexte ?

L’objectif de ce séminaire est de poursuivre ces réflexions en insistant plus particulièrement sur la dimension méthodologique et sur les croisements disciplinaires possibles. En effet, il est apparu que cette notion de projet migratoire est commune à toutes les sciences sociales, mais chacune ne l’entend ni de l’aborde en suivant les mêmes approches. Les différents axes présentés ci-dessus n’ont rien de limitatif, d’autres dimensions pouvant être abordées en fonction des expériences de recherche propres à chacun.

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Si vous souhaitez participer, merci de vous inscrire à cette adresse :florence.boyer@ird.fr, pour faciliter l’organisation de ces deux journées.

Programme

Lundi 9 juillet 2012

- 10h00 : Introduction, Mohamed Charef (Université Ibn Zohr, Agadir)
- 10h30-11h30 : Continuité temporelle, contiguïté spatiale et création d’un monde-propre, le cas de la diaspora chinoise, Emmanuel Ma Mung (Migrinter-CNRS)
- 11h30-12h30 : Projets et expériences migratoires à l’épreuve des événements, Marina Hily (Migrinter, CNRS)
- 12h30-14h00 : Pause-déjeuner
- 14h00-15h00 : Transit, installation, circulation : quels choix méthodologiques pour quels projets migratoires en Afrique de l’Ouest ?, Armelle Choplin (Université Paris-Est)
- 15h00-16h00 : Aborder le projet migratoire dans sa rétrospection et dans une perspective de genre. Le cas des migrantes mauriciennes employées de maison en France, Colette Lepetitcorps (Migrinter, CNRS)
- 16h00-16h15 : Pause
- 16h15-17h15 : Quelle analyse des formes et des sens du « retour » dans la construction des parcours migratoires ?, Laurent Faret (SEDET, Université Paris-Diderot)
- 17h15-18h15 : Le retour : horizon ou condition du projet migratoire ?
Constance De Gourcy (Département de sociologie, Aix-Marseille Université)

Mardi 10 juillet 2012

- 9h30-10h30 : Du projet à l’analyse de la configuration sociale de l’acteur migrant, Mahamet Timera (URMIS, Université Paris-Diderot)
- 10h30-11h30 : Attentes et suspension : le projet migratoire des femmes somaliennes immobilisées à Malte, Camille Schmoll (Géographie-Cités, Université Paris-Diderot)
- 11h30-11h45 : Pause
- 11h45-12h45 : Enfermement et projet migratoire. Les trajectoires d’étrangers en rétention en Roumanie, Bénédicte Michalon (ADES, CNRS)
- 12h45-14h00 : Pause-déjeuner
- 14h00-15h00 : Le projet migratoire : quelles implications théoriques et empiriques pour l’économie des migrations ?, Gilles Spielvogel (D&S, Université de Paris I-IRD)
- 15h00-16h00 : Le projet migratoire et les pratiques gouvernementales de racinement des migrants rapatriés coloniaux, Yann Scioldo-Zürcher (Migrinter, CNRS)
- 16h00-17h00 : Discussion finale-Conclusion, William Berthomière (Migrinter, CNRS), Florence Boyer (D&S, IRD)

résumé des interventions