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Journée d’étude Masters-Doctorants inter-laboratoires 2014

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

12 DECEMBRE 2014, MMSH salle Paul Albert Février, de 10h à 13h et de 14h30 à 17h30
- Invité : Alain Caillé

Journée d’étude organisée par Yolande Benarrosh, soutenue par le département de sociologie AMU et les laboratoires LAMES, LPED, LEST

Programme :
- 10h à 13h : conférence et premières questions
- 14h30 à 17h30 : animation du débat par les masters (préparation des questions durant le séminaire M2R/MPro "Méthodologie du travail de recherche" de Yolande Benarrosh), les doctorants des laboratoires et les collègues.

- Alain Caillé, La sociologie malgré tout
« La sociologie malgré tout ». Autrement dit : malgré tout, il faut être sociologue. Voilà qui mérite une double explication. Pourquoi donc faudrait-il être sociologue ? Et pourquoi malgré tout ? Commençons par la seconde question. Si c’est « malgré tout » qu’il faut revendiquer la démarche sociologique, c’est malgré ce qu’elle est devenue. Bien loin de ses grandes espérances initiales et des splendeurs que nous ont léguées les Durkheim, Weber, Simmel, Mead, Elias, Mauss, etc. Ce qu’on appelle sociologie s’est peu à peu recroquevillé jusqu’à apparaître comme la « science (ou la pseudo science) des restes », la science de ce dont ne parlent ni les philosophes, ni les économistes, ni les historiens, ni les anthropologues, ni les théoriciens de la littérature, etc. Éclatée en de multiples chapelles théoriques ou idéologiques, privée de colonne vertébrale paradigmatique et institutionnelle, elle ne croit plus pouvoir trouver son unité que dans une référence de plus en plus incantatoire au « terrain » et à l’empirisme, et dans ses querelles infinies sur ce qui fait la bonne méthode ou le bon terrain.
La sociologie classique, celle qu’il nous faut faire revivre et actualiser, se présentait tout autrement. Elle revendiquait hautement une approche empirique de la réalité et le souci d’établir des faits, elle aussi, mais elle n’imaginait pas que ce puisse être accompli hors-théorie et sans enjeux normatifs, i.e. éthiques et politiques. Ou encore, elle ne se voyait pas comme ce qui reste de la science sociale une fois qu’on en a retranché l’économie politique, l’anthropologie, le droit, la géographie, l’Histoire ou la philosophie mais, tout au contraire, comme le lieu même de leur développement commun et de leur mise en dialogue et en débat. Dit autrement, elle se vivait comme le lieu et le moment généraliste de la science sociale générale. C’est cette sociologie là, autrement dit la science sociale générale, qui nous fait désormais défaut et qu‘on appelle ici à renaître de ses cendres.

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