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Soutenance de thèse de Zakaria Kadiri

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

KADIRI Zakaria présentera ses travaux en soutenance le 19 octobre 2012 à l’amphi MMSH, 14h00.
Sa thèse, dirigée par Mohamed Tozy, porte sur L’action publique à l’épreuve de la participation : généalogie du projet d’irrigation du Moyen Sebou au Maroc
membres du jury :
- Mohamed Tozy
- Gilles Massardier
- Bernard Morel
- Marcel Kuper
- Mohamed Mahdi
- Hassan Kamil
- Yolande Benarrosh

Résumé :
La thèse porte sur l’analyse de l’action publique dans le domaine de l’eau d’irrigation au Maroc. Nous analysons la rencontre entre un projet étatique d’aménagement, et un territoire rural au Maroc, à travers les configurations des acteurs et les enjeux locaux de ses composantes sociales et politiques. Comment le projet d’irrigation a-t-il permis d’accélérer une reconfiguration des rapports de pouvoirs et du leadership local, que nous avons analysé à travers les logiques des différents acteurs. Nous avons adopté un cadre analytique emprunté à la sociologie politique et basé sur l’analyse de l’action publique dans le domaine de l’irrigation. Ce cadre analytique nous a permis de mobiliser en parallèle deux modèles d’analyse : 1) le modèle synoptique pour l’analyse d’une action publique monopolisée par les acteurs publics, 2) celui des ajustements mutuels pour l’analyse d’une multitude d’acteurs dans une situation où l’Etat n’a plus le monopole de l’action publique.
Nous avons fais le choix méthodologique d’analyser les acteurs en action, en privilégiant un travail empirique basé sur l’analyse des pratiques, et en décryptant une généalogie fine du projet d’irrigation du Moyen Sebou au Maroc. C’est une zone aménagée par les pouvoirs publics dans une perspective de gestion centralisée par l’administration agricole. Les négociations avec le bailleur de fonds, surgies lors du débat international sur la Gestion Participative en Irrigation, ont amené l’administration à confier la gestion de l’irrigation après aménagement à des agriculteurs organisés en associations. Nous souhaitions étudier l’action publique à l’épreuve de la participation dans un projet, considéré comme la vitrine de la gestion participative de l’irrigation.
Nos résultats montrent que l’action publique s’est progressivement ouverte à de multiples acteurs, contestant le monopole de l’Etat. Nous montrons comment ces acteurs s’inscrivent dans une évolution de la société rurale marocaine qui n’entretient plus le seul rapport aménageur – sécuritaire avec les administrations publiques. Aussi, notre analyse du leadership rural, acteur important dans les politiques rurales, montre que nous sommes devant une configuration de leaders où se concurrencent aussi bien : i) le notable traditionnel grand propriétaire terrien, entretenant des rapports avec les autorités locales, ii) le leader associatif, jeune et souvent instruit, iii) l’entrepreneur mobilisant des ressources financières et, iv) le financier maitrisant la gestion des projets. Notre analyse des élections communales de 2009 montre qu’anciens et nouveaux leaders se positionnent par rapport aux différents enjeux locaux, montrant une évolution des profils de leaders où le notable se professionnalise et le leader associatif se « notabilise ». Enfin, l’analyse territoriale de l’action publique montre que les limites du territoire défini par les acteurs ne recoupent pas systématiquement avec les limites initiales du projet étatique. Elles dépendent des structures sociopolitiques locales, de la nature physique des localités et des dynamiques des acteurs.