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Métropole : réseaux, alliances, clientélisme, résistances...

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

Pensons le matin , samedi 17 janvier 2015
- Une métropole démocratique est-elle pensable, à quelles conditions ?

- Intervention de Cesare Mattina _ Mutations des ressources clientélaires et construction des notabilités politiques à Marseille (1970-1990)
A Marseille, la distribution des ressources publiques, en particulier des emplois municipaux et des logements sociaux entre les années 1960 et 1980, à travers des canaux familiaux et clientélaires, a représenté un véritable facteur de régulation politique et sociale de la ville. Cependant le rétrécissement de ces ressources dans les deux dernières décennies a fortement remis en question les mécanismes de régulation sociale à travers la redistribution clientélaire des ressources. Les processus et les parcours de notabilisation des hommes politiques en ont été par conséquent affectés. L’incapacité (ou la moindre efficacité) à répondre aux demandes incessantes des électeurs en termes de services et de faveurs personnels a fini par amoindrir le prestige notabiliaire. Le rôle et la fonction de médiation symbolique du notable ont donc pris une plus grande importance.

- Intervention de Pierre Godard à propos de l’ouvrage écrit avec André Donzel : Éboueurs à Marseille. Entre luttes syndicales et pratiques municipales (Préface de Michel Samson, éditions Syllepse, coll. Le présent avenir, octobre 2014)
qui retrace l’histoire du service public de la propreté urbaine à Marseille. Il analyse les différents conflits sociaux qui ont jalonné sa mise en place et qui se sont intensifiés à partir du milieu des années 1970. Il les replace dans le contexte des évolutions techniques et économiques qui ont affecté les métiers de la filière des déchets dans les dernières décennies.Les auteurs décrivent l’incapacité des municipalités successives à gérer la conflictualité et à conduire, sur une base sociale élargie, les négociations sur la modernisation du service public. Ils mettent en évidence la contradiction entre un souci de préservation de la paix sociale par le maintien d’une cogestion clientéliste des relations professionnelles et les pressions économiques grandissantes tendant à la dérégulation de l’ensemble de la filière des déchets.
Mais les Marseillais n’acceptent plus un système qui coûte de plus en plus cher et qui leur paraît tellement opaque qu’il est parfois qualifié de mafieux. Même si certains trouvent opportun de cultiver cette image, il y a aussi, au-delà du folklore, une lutte pour l’avenir du service public.