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Soutenance de thèse Joseph Cacciari - Les ménages face aux impératifs de "transition énergétique". Des raisonnements pris entre marché, normalisation institutionnelle et références forgées au fil de la trajectoire biographique

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

[Joseph Cacciari->http://www.lames.cnrs.fr/spip.php?article261 présente ses travaux pour l’obtention du titre de docteur :
-  Les ménages face aux impératifs de "transition énergétique".
Des raisonnements pris entre marché, normalisation institutionnelle et références forgées au fil de la trajectoire biographique

Le jury sera composé de :
- Sophie DUBUISSON-QUELLIER, Directrice de recherche au CNRS, rapporteuse
- Pierre FOURNIER, Professeur de sociologie à Aix-Marseille Université, directeur de thèse
- Charles GADEA, Professeur de sociologie à l’Université Paris Nanterre, rapporteur
- Séverine GOJARD, Directrice de recherche à l’INRA, examinatrice
- Philippe HAMMAN, Professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg, examinateur

Résumé :
Comment des normes de conduite hétéronomes parviennent-elles à définir la manière dont les individus organisent leur quotidien sans être perçues comme des contraintes extérieures ou arbitraires ? Comment les individus en arrivent-ils à privilégier certaines références pour agir plutôt que d’autres au fil de leur trajectoire sociale ? Les pratiques énergétiques prenant place dans l’espace domestique (chauffage et rafraîchissement des pièces, cuisson et réfrigération des aliments, eau chaude sanitaire, éclairage, appareils électriques…) constituent un terrain d’analyse de ces questions particulièrement riche dans le contexte actuel d’injonction à la « transition énergétique », c’est-à-dire à une modération des consommations énergétiques et à une décarbonisation de leur contenu : à partir des différends de normativité que vivent certains acteurs sociaux face à ce nouvel horizon. Les changements de conduite attendus sont l’occasion de travaux de sciences sociales qui acceptent souvent comme allant de soi les catégories du débat public : notamment celles qui consistent à rabattre les pratiques domestiques mobilisatrices d’énergie sur des consommations et celles qui naturalisent la transition énergétique. Le propos est ici de questionner ces catégories pour des ménages des classes populaires « du haut », à distance des dispositifs d’assistance prévus pour les situations de dénuement, mais néanmoins menacés de difficultés avec les coûts de l’énergie. Tout d’abord, la thèse propose un examen des mesures politiques et économiques qui sont associées à la transition énergétique à l’adresse des ménages, mises en perspective avec un vaste mouvement de marchandisation de l’univers domestique. Ce travail tente ensuite de rendre compte des mécanismes de soumission au mot d’ordre économique et de la socialisation des acteurs sociaux à la mise en consommation des pratiques domestiques mobilisatrices d’énergie, les amenant dans des circonstances particulières à prêter attention à de nouveaux discours prescriptifs au moment de décider de leurs actions. Pour cela, la thèse s’appuie sur une revue critique des travaux de sciences sociales portant sur les ménages face à l’énergie, sur des monographies de groupes professionnels porteurs de discours institutionnels à l’endroit des ménages et sur des monographies de ménages.

Mots clés : sociologie économique, socialisation, consommation d’énergie, normativité sociale, transition énergétique, classes populaires, groupes professionnels, économie domestique.