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Soutenance de thèse Pierre-Olivier Weiss - "Les usagers des campus universitaires marseillais face à la délinquance et aux incivilités"

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

Pierre-Olivier Weiss sous la direction de Laurent Mucchielli

Jury
- Dominique DUPREZ, Directeur de recherche au CNRS, Examinateur.
- Jean-François GIRET, Professeur en science de l’éducation à l’Université de Bourgogne, Rapporteur.
- Laurent MUCCHIELLI, Directeur de recherche au CNRS, Directeur de thèse.
- Nicolas SEMBEL, Professeur en sociologie à Aix-Marseille Université, Examinateur.
- Renée ZAUBERMAN, Directrice de recherche au CNRS, Rapporteure.

Résumé
La question de la sécurité et du sentiment d’insécurité à Marseille se résume trop souvent à la problématique des « cités » et à l’image des trafics de drogue et des règlements de compte qu’ils évoquent. Ces sujets sont certes réels et importants, mais ils ne doivent pas occulter les problèmes de « délinquance » et d’« incivilités » plus classiques et autrement plus nombreux qui se posent dans toutes les grandes villes, de multiples manières. Les années 1980, sous l’influence des recherches anglo-saxonnes, marquent justement un tournant majeur puisque, conscient des limites de la statistique administrative, on commence à mesurer ces phénomènes sociaux du point de vue de la victime. Alors que des enquêtes en population sont réalisées en France depuis plusieurs années, aucune d’entre elles ne s’intéresse aux usagers des campus universitaires quand bien même les effectifs d’étudiants explosent dans le dernier quart du 20e siècle. En effet, aujourd’hui, l’université représente un passage obligé pour une part importante de la jeunesse. À ce titre, Aix-Marseille Université, la plus vaste de France et la plus grande université du monde francophone, constitue un terrain de recherche privilégié. Nous y avons enquêté à la fois qualitativement (entretiens et observations) et quantitativement (2024 questionnaires).
Comment, les campus universitaires, des espaces sociaux similaires au premier regard, laissent-ils apparaître des différences en termes de victimation et de sentiment d’insécurité ? Quelle est le volume des victimations recensées et qui sont les victimes ? Peut-on comprendre l’origine des peurs éventuelles des étudiants et des personnels de l’université ? En quoi l’organisation de la sécurité, les problèmes de délinquance locale ainsi que les représentations sociales forment-ils un ensemble de phénomènes qui s’articulent et s’alimentent ?
Cette thèse, qui s’inscrit dans le double champ de la sociologie de la délinquance et de la sociologie de l’enseignement supérieur, est ainsi résolument tournée non pas vers les faits divers criminels spectaculaires, absents pour ainsi dire du paysage des campus, mais au contraire vers les problèmes de la vie quotidienne des usagers des trois principaux campus de Marseille. Ensuite, se tournant en outre vers quelques-unes des principales problématiques de délinquance que l’on rencontre au fil des jours, des semaines et des mois sur les campus, notre étude questionne les peurs ressenties par les usagers. Il s’agit enfin d’étudier les relations entre d’une part, la réalité des risques liés à la délinquance et d’autre part, les représentations que s’en font les différents acteurs qui en ont la charge, ainsi que de comprendre la façon dont ces représentations influent sur les pratiques des personnels de sécurité.

Mots clés : sociologie de la délinquance, sociologie de l’enseignement supérieur, sociologie urbaine, campus universitaire, territoires, incivilités, enquête de victimation, sentiment d’insécurité, sécurité, peurs, Marseille.

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