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« Vulnérabilité » et « victimisation » - Les cas de la traite des êtres humains et de l’internement

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

Vendredi 29 mars 2019, 10h-12h30, MMSH salle Duby
Séminaire Axe 2 - Recompositions migratoires en Méditerranée : mobilités, genre, frontières
Interventions de Calogero Giametta et Marc Bernardot

- Calogero GIAMETTA, LAMES, Aix-Marseille Université
Identités et racialisation dans les discours et les pratiques de lutte contre la traite des êtres humains : Résultats du projet de recherche « L’Humanitarisme Sexuel »
Dans cette communication Calogero Giametta part du présupposé que pour aborder la construction de la catégorisation de « victime de traite des êtres humains », il est indispensable d’analyser le processus de racialisation auxquels les migrants sont assujettis. Lorsqu’on parle de la « figure de la victime », il est important de prendre en considération le binôme vulnérabilité/criminalité. Ainsi, lorsque les institutions veulent protéger les victimes de traite, elles tentent de distinguer non seulement les « vraies » victimes, mais aussi les « bonnes victimes » des mauvaises, celles qui seraient dignes de protection (parce qu’elles souhaitent arrêter de se prostituer) et les autres. Les victimes de traite doivent alors rentrer dans la catégorie des « bonnes victimes » par le biais de leurs récits de vie. La certification de « l’authenticité » du récit du migrant impose la construction des preuves de la souffrance et peut limiter la complexité des expériences des personnes concernées, en les intégrant uniquement dans des paramètres normatifs de « vulnérabilité ». La question qui se pose est donc de savoir ce que l’on fait avec toutes les subjectivités qui vont au-delà ou qui n’entrent pas dans la catégorie de la « victime idéale ».


- Marc BERNARDOT, LAMES, Aix-Marseille Université
Interner les étrangères, les indigènes et les prolétaires. Pour une approche genrée des camps
La notion de genre n’est pas une entrée habituelle dans les travaux de sciences sociales sur les camps bien que ces derniers soient en effet classiquement envisagés comme principalement destinés à des hommes, que ce soit dans les formes de camps de prisonniers de guerre, les camps de migrants ou les espaces de travail forcé. Les autorités présentent généralement les hommes comme des menaces qu’il faut mettre hors d’état de nuire ou des ressources laborieuses qu’il faut placer en situation de travail. À l’inverse, les camps humanitaires contemporains apparaissent plus aisément comme des espaces féminins en tant qu’accueillant des populations « vulnérables ». Pour aborder cette différenciation, on présentera dans un premier temps les matrices genrées des camps en rappelant successivement les formes historiques du lien entre genre et internement, les questionnements pratiques générés par l’internement des femmes, et enfin les représentations de genre et de race qui se concrétisent dans l’espace du camp d’internement. Dans un deuxième temps, on traitera des formes contemporaines que prennent ces questions de genre et de race en questionnant d’abord le camp comme outil de guerre et d’oppression sexuelles, puis comme technique de gestion migratoire genrée et enfin en tant qu’espace de protection voire d’émancipation pour les femmes. 

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