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Lettre ouverte à l’initiative de directeurs et directrices d’unités dans le périmètre de la section 36

par Sylvie Chiousse - publié le

À l’attention d’Antoine Petit, Président-Directeur général du CNRS, de François-Joseph Ruggiu, Directeur de l’InSHS, des membres du jury d’admission, de la communauté des chercheur.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s en Sciences sociales

Nous avons découvert avec stupeur les résultats de l’admission du concours des chargés de recherche CNRS en section 36. Nous sommes indigné.e.s de constater que pour la troisième fois consécutive le même candidat, Akim Oualhaci, se trouve déclassé par le jury d’admission de l’InSHS. Rappelons qu’au concours 2017, Matthieu Grossetête et Akim Oualhaci ont été classés premiers ex-aequo à l’admissibilité pour 3 postes avant d’être tous deux déclassés par le jury d’admission. Au concours 2018, ils ont été classés respectivement 9ème et 8ème pour 8 postes par la section et ont à nouveau été déclassés en 9ème et 10ème positions à l’admission. Cette année, Akim Oualhaci a été classé 4ème pour 5 postes à l’admissibilité mais son nom vient d’être purement et simplement supprimé de la liste d’admission finale.
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De telles pratiques réitérées et non motivées, qui s’apparentent à de l’acharnement contre un collègue dont les qualités scientifiques sont pourtant régulièrement reconnues par ses pair.es, ne peuvent qu’accroître la défiance envers les institutions académiques chargées du recrutement. Outre l’extrême violence d’un tel traitement, ces pratiques participent en effet à décrédibiliser et à réduire à néant le travail minutieux d’évaluation des candidatures par la section qui s’appuie sur l’examen approfondi des dossiers (CV, productions et projet), sur les auditions et le débat collégial entre pair.es. Il faut rappeler de plus que cette section a été en partie renouvelée en 2018 suite à des démissions et que celle-ci, sur la base de nouvelles évaluations dans le cadre du concours 2019, a pourtant sélectionné ce candidat en rang utile.
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En l’état, l’usage répété de ces déclassements et cette pratique de déclassement trois fois réitérée, inédite dans un concours de chargé de recherche au CNRS, fragilisent l’ensemble de la communauté académique et introduit le doute sur la régularité et les fondements des décisions du jury d’admission. Au nom de quels critères le jury d’admission, composé pour l’essentiel de non spécialistes de la discipline, peut-il remettre en cause le travail d’évaluation et de sélection des chercheurs de la discipline ? L’autonomie scientifique des sections et l’évaluation par les pair.es sont remises en cause au profit de décisions qui apparaissent comme politiques et arbitraires.

Nous demandons dans ces conditions à l’InSHS et à son président de réparer cette injustice et de redonner à la section 36 sa légitimité en accordant immédiatement et de façon exceptionnelle un poste supplémentaire à Akim Oualhaci. Face à l’opacité des décisions prises, nous exigeons également dès maintenant et à l’avenir une totale transparence des critères mobilisés par le jury d’admission pour justifier ses actions. A cette fin, nous demandons qu’une délégation de directeurs et directrices d’unités soit reçue par le Président-Directeur général du CNRS et le Directeur de l’InSHS.
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Nous appelons l’ensemble de la communauté à se mobiliser face à ce nouveau déclassement qui heurte notre attachement aux principes de l’autonomie scientifique et de l’évaluation par les pair.es.

Premiers signataires :
Thierry Berthet, Delphine Mercier, Xavier Joutard (LEST)
Catherine Bourgain (Cermes3)
Valérie Boussard (IDHES)
Marie Cartier, Baptiste Viaud (CENS)
Patrick Cingolani (LSCP)
Eric Darras (LASSP)
François Denord (CESSP)
Christine Détrez (Centre Max Weber)
Arnaud Esquerre (IRIS)
Pierre Fournier (LAMES)
Corinne Gaudart et Christian Azaïs (Lise)
Dominique Glaymann (Centre Pierre Naville)
Marine de Lassalle (SAGE)
Nathalie Le Bouteillec (CURAPP-ESS)
Olivier Le Noé (ISP)
Olivier Martin (CERLIS)
Dominique Méda, François-Xavier Dudouet (IRISSO)
Christian Mouhanna (CESDIP)
Etienne Penissat, Julien Talpin (CERAPS)
Serge Paugam (CMH)
Hervé Serry, Carole Brugeilles, Cédric Lomba, Christine Cadot (CRESPPA)
Jens Thoemmes (CERTOP)
Bernadette Tillard (CLERSE)
Laurent Willemez (Printemps)

Le texte peut être soutenu et signé par des collègues ici :
https://mensuel.framapad.org/p/lettre-declassement-cnrs