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Soutenance de thèse Chloé Pellegrini - "L’enseignement des langues à l’école publique au Maroc : construction des savoirs, identités et citoyenneté"

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

Chloé Pellegrini - "L’enseignement des langues à l’école publique au Maroc : construction des savoirs, identités et citoyenneté"
sous la direction de Yolande Benarrosh

Membres du Jury
- Rahma BOURQIA Université Mohamed V, Rabat, Maroc Rapporteur
- Philippe BLANCHET Université Rennes 2 Rapporteur
- Catherine MILLER Aix-Marseille Université Examinatrice
- Françoise LORCERIE Aix-Marseille Université Examinatrice
- Jean-Paul PAYET Université de Genève, Suisse Examinateur
- Frédéric ABÉCASSIS IFAO, Le Caire, Egypte Examinateur

Résumé
Au Maroc, l’aménagement linguistique dans le système éducatif national, et plus largement les différentes langues en présence dans la société marocaine – arabe, amazigh, français, anglais et espagnol particulièrement – font l’objet de débats politiques, idéologiques et sociaux depuis la fin du protectorat français (1956). Ces débats mobilisent le plus souvent des argumentaires identitaires passionnés au nom de valeurs sociétales et civilisationnelles antagonistes dans un contexte de tensions entre savoirs locaux et savoirs mondialisés. Ils s’appuient sur et contribuent à développer des idéologies linguistiques qui enferment ces langues dans des mondes de références qui semblent clos sur eux-mêmes et en opposition les uns face aux autres. Si ces débats et ces idéologies, ainsi que leurs enjeux et leurs conséquences, ont été analysés de manière approfondie à travers diverses approches disciplinaires, il existe fort peu d’études portant sur la question des langues à l’intérieur de l’école publique marocaine. Or, au-delà de ces débats sur-politisés et sur-idéologisés qui font rage en dehors de l’école, que se passe-t-il à l’intérieur de l’enceinte de l’école concernant les langues ? Une langue n’est pas le medium ou le véhicule neutre d’un savoir atemporel ou a-culturel, elle est un medium pour comprendre, penser et dire le monde ainsi que pour comprendre, penser et dire soi et l’autre. Elle est ainsi une forme essentielle d’appréhension, d’énonciation et d’appropriation du monde, de l’appartenance, de l’identité individuelle et collective, d’autrui, ainsi qu’une forme essentielle de socialisation.
Aussi, comment chacune de ces langues en présence est-elle construite par l’école publique marocaine depuis les curricula jusque dans les modalités d’enseignement dans les salles de classe ? Comment est-elle enseignée et quelles performances sont valorisées dans chacune ? Quelles conceptions du savoir et quels types de savoir y sont construits, valorisés et légitimés ? Quel rapport au monde, quels mondes de références et quelle vision de soi et de l’autre sont développés dans chacune ? Quels porteurs de savoirs et quels acteurs-locuteurs-auteurs y sont valorisés et légitimés ? Quelle(s) forme(s) de citoyenneté et d’identité citoyenne y sont promues ? D’autre part, comment les acteurs du terrain éducatif eux-mêmes (enseignants et élèves notamment) interprètent, s’approprient, investissent et transforment-ils ces constructions des différentes langues, ces mondes de références et ces conceptions du savoir, de l’identité et de la citoyenneté véhiculés par l’école publique ?
Pour répondre à ces questions, cette thèse présente et analyse tout d’abord les enjeux politiques, sociaux et identitaires qui sont à l’oeuvre dans les politiques linguistiques éducatives au Maroc, ainsi que les débats et les positionnements tant au niveau des décideurs et personnalités politiques qu’au sein de la société civile depuis l’indépendance.
Les questions ci-dessus sont ensuite traitées à partir du travail ethnographique réalisé en l’espace de deux années scolaires à l’intérieur de neuf établissements publics – trois écoles primaires, trois collèges et trois lycées – en milieux urbain et périurbain dans trois localités différentes de deux régions du royaume. Les analyses s’appuient sur des observations de cours des cinq langues avec différentes classes de tous niveaux et des interactions à l’intérieur des différents espaces scolaires, sur l’étude de documents (curricula, manuels, productions d’élèves, etc.) et sur des entretiens avec divers acteurs de l’école : responsables administratifs, inspecteurs, directeurs d’établissements, enseignants, élèves, anciens élèves et parents.

Mots clefs : Maroc, Langues, Système éducatif national, Construction des savoirs, Identités, Citoyenneté

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