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École doctorale « Enquêter en terrain sensible au Maghreb »

par Sylvie Chiousse - publié le , mis à jour le

Coordination :
Monia Lachheb, Sociologue, Maîtresse de Conférences (Hdr), chercheure à l’IRMC, USR 3077.
Constance De Gourcy, Sociologue, Maîtresse de Conférences (Hdr), LAMES, Aix-Marseille Université.

Présentation :
Cette école doctorale porte sur les spécificités des recherches dites sensibles. Elle constitue un moment de dialogue entre, d’une part, des fondements théoriques et épistémologiques et, d’autre part, des expériences de recherche sur des terrains sensibles. Elle invite les jeunes chercheur-e-s à communiquer leur parcours de recherche en pointant les difficultés du terrain, les stratégies déployées pour les contourner et les ajustements engagés pour la concrétisation de leur projet. Dans le cadre de cet exercice, différentes problématiques sont envisagées : l’identité sexuelle du chercheur-e sur le terrain, les questions éthiques, la gestion des charges émotionnelles dans la relation d’enquête, etc. Ces différents aspects traversent inévitablement les terrains sensibles et rendent compte des multiples formes d’arrangement au bénéfice de la collecte des données pertinentes.
La particularité des sciences sociales est qu’elles exigent du chercheur des données empiriques qui servent de socle pour son analyse et sa lecture du réel. Ces données émanent du terrain qui correspond à un espace, un objet, des interactions avec des personnes ressources et des personnes enquêté-e-s selon une démarche scientifique (De Sardan, 2008). Le terrain se définit certes de manière protéiforme et requiert que le chercheur se plie à ses exigences et s’adapte à ses prescriptions. « Sur le terrain, en effet, l’ethnologue est coupé de son lieu « propre ». Il doit circuler avec ses propres moyens sur un territoire qu’il ne maîtrise pas, et qui est au contraire contrôlé par d’autres institutions, d’autres instances de pouvoir (Albera, 2001). Quelles sont les « techniques du corps » qui se déploient en situation ? Comment l’épreuve de terrain impacte-t-elle le processus de recherche en sciences sociales et incite-t-elle à un profond travail de subjectivation ?
La question des sexualités, le milieu carcéral, les migrations clandestines, les religions, le domaine du VIH/sida, les lieux de guerres et de conflits…, constituent autant de terrains sensibles. Ces terrains concernent des pratiques illégales et des objets tabous, touchent à des individus stigmatisés et des groupes sociaux peu visibles, évoquent des situations dangereuses et des lieux risqués. Ils posent par ailleurs des enjeux socio-politiques liés à la restitution des données (Bouillon et all., 2005). Ce faisant, la qualification de “sensible” pour un projet de recherche porte en elle la nécessité de prendre en compte des décisions pragmatiques, de se poser des questionnements éthiques et de procéder à des ajustements constants. Ainsi, les terrains sensibles interrogent la posture du chercheur, son rapport au travail d’enquête et aux personnes enquêtées (Hennequin, 2012). Ils imposent au chercheur de conjuguer des exigences méthodologiques et la nécessité de recourir à des usages pratiques et efficaces. Les terrains sensibles se construisent et participent à la structuration de parcours de recherche singuliers traversés inévitablement par des adaptations méthodologiques. Le croisement des regards disciplinaires, la mise en perspective des terrains dits sensibles au Nord et au Sud de la Méditerranée renseignent sur la question de la réflexivité et ses enjeux qui se posent aux doctorant-e-s et aux chercheurs sur les terrains sensibles dans des contextes socio-politiques différents.

Organisation
L’école doctorale est portée par l’IRMC et le LAMES (UMR 7305), CNRS-AMU en collaboration étroite avec l’Université de Tunis, l’Université de Lausanne, l’Université Mohammed V. Elle est financée par la fondation d’A*MIdex, (initiative d’excellence) d’Aix-Marseille Université (AMU) et s’appuie sur de multiples partenariats parmi lesquels GenderMed et la Cité de la Culture.
Elle a lieu en Tunisie à Sidi Bou Saïd et à la Cité de la Culture à Tunis du 11 au 15 janvier 2021. Organisée sur cinq jours en séances fermées (matin et après-midi), elle regroupe 7 chercheur-e-s et enseignant-e-s chercheur-e-s universitaires français-e-s, tunisien-ne-s et marocain-e-s qui assurent l’encadrement de 15 doctorant-e-s dont les travaux s’inscrivent dans les différents champs des sciences sociales. Les échanges et les débats portent sur les différents terrains sensibles et se focalisent, à chaque séance, sur un aspect particulier : la réflexivité, les émotions, l’éthique, le genre. Aussi bien les interventions des chercheurs que celles des doctorants se réfèrent aux terrains sensibles.
Les activités de l’Ecole Doctorale se déclinent en conférences plénières et en sessions de présentation/discussion des travaux des doctorant-e-s. Elles constituent des occasions d’échanges autour des questions méthodologiques directement liées aux terrains spécifiques des jeunes chercheur-e-s réuni-e-s et encadré-e-s par des personnes référentes.
Le cinéma et le film de chercheur comme outil de recherche seront mobilisés comme des outils pour éclairer des problématiques de terrain sensible et favoriser la recherche de nouvelles formes d’écriture pour les formuler. La deuxième journée se déroulera entièrement à la Cité de la Culture à Tunis. Une séance de travail organisée sous la forme d’un atelier organisé à l’IRMC sera consacrée au traitement de l’outil numérique au service de la recherche bibliographique.
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Calendrier prévisionnel des activités
- Lancement de l’appel à candidatures : 1er septembre 2020
- Date limite d’envoi des candidatures : 30 octobre 2020
- Sélection des doctorants : Novembre 2020
- Programme définitif : Décembre 2020
- Accueil des invités : 11 janvier 2021

Programme de l’école doctorale
Journée type : ateliers fermés (4 jours : Sidi Bou Saïd + ½ journée à la Cité de la Culture)
- 9h-10h30 : conférence + débat en plénière
- 10h30-11h : pause
- 11h-13h : présentation en plénière de 3 doctorants
- 13h-14h30 : déjeuner
- 14h30-16h30 : présentation en plénière de 3 doctorants
- 16h30-17h : pause
- 17h-18h : rencontres en sous-groupe : 6 doctorants/ 2 encadrants

Conférences matinales
-  Imed Melliti (sociologue, ISSH – Tunis)
-  Zakaria Rhani (anthropologue, Université Mohammed V, Rabat)
-  Marta Roca Escoda (sociologue, Université de Lausanne) :
-  Christophe Broqua (anthropologue, CNRS) : « L’engagement « sexuel » du chercheur ou de la chercheuse sur le terrain : genre et sexualité dans la relation d’enquête »
-  Laurence Herault (anthropologue, CNRS) : « Etre impliquée et s’impliquer : l’ethnographie à l’épreuve de la transidentité »

2e Journée, Après-midi : Lieu, Citée de la Culture
-  Ons Kamoun (ESAC – Tunis) : « Le film de chercheur dans un terrain sensible »
-  Projection du film Travestis de Safouene Ben Abdellali (2015)

5e Journée, Matinée : Lieu, IRMC
- Outil numérique pour une recherche bibliographique : Sawssen Fray et Khaled Jomni

Conseil scientifique
- Nacira Abrous, linguiste, IREMAM, MMSH.
- Christophe Broqua, Anthropologue, Chargé de recherche, CNRS.
- Nathalie Chapon, Sociologue, Enseignante-chercheure, LAMES.
- Meriem Cheikh, Anthropologue, INALCO.
- Sylvie Chiousse, Socio-anthropologue, LAMES.
- Constance De Gourcy, Sociologue, Maîtresse de Conférences, LAMES.
- Marta Roca Escoda, Sociologue, Maître d’enseignement et de recherche, Université de Lausanne.
- Laurence Herault, Anthropologue, Professeure, IDEMEC
- Ons Kamoun, Maître-Assistante, Cinéaste, Ecole supérieure de l’audiovisuel et du cinéma, Tunis.
- Monia Lachheb, Sociologue, chercheure à l’IRMC, USR 3077.
- Karine Lambert, historienne, Maitresse de conférences, TELEMME, MMSH.
- Imed Melliti, Sociologue, professeur des Universités, Institut supérieur des sciences humaines de Tunis.
- Nasima Moujoud, Maîtresse de conférences en anthropologie à l’Université Grenoble Alpes.
- Sandrine Musso, Anthropologue, Maîtresse de Conférences, Aix-Marseille Université.
- Zakaria Rhani, Anthropologue, professeur habilité, Institut universitaire de la recherche scientifique, Université Mohammed V, Rabat.
- Oissila Saaidia, Professeur des Universités, historienne, directrice de l’IRMC, USR 3077.

Sélection des participant.e.s
Les jeunes chercheur.e.s (doctorant, post-doctorant) de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales universitaires sont les bienvenu.e.s. 15 candidats seront sélectionnés par le Comité scientifique sur présentation d’un curriculum vitae (max. 2 pages), d’une lettre de motivation (500 mots max.), en français, en arabe ou en anglais, montrant le lien du projet de recherche avec les problématiques de l’école doctorale et d’un projet de recherche de 3 pages.
Les candidatures sont à envoyer par courriel au plus tard le 30 octobre 2020 à l’adresse suivante : terrainsensibles@gmail.com

Agenda

groupe de travail

  • Du 11 au 15 janvier 2021 -

    École doctorale « Enquêter en terrain sensible au Maghreb »

    Lieu : Sidi Bou Saïd, Tunis


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